MEDITERRANEO – Au Maroc l’essor de l’art contemporain se conjugue de plus en plus au féminin
Armée de sa meule, de son marteau et de son burin, Ikram Cabage travaille le marbre depuis près de 40 ans. Un processus créatif très physique pour cet artiste sculpteur, pionnière de l’art contemporain au Maroc. Le plus compliqué, c’est…
Armée de sa meule, de son marteau et de son burin, Ikram Cabage travaille le marbre depuis près de 40 ans. Un processus créatif très physique pour cet artiste sculpteur, pionnière de l’art contemporain au Maroc. Le plus compliqué, c’est de trouver le concept pour l’exécuter dans un bloc de marbre. Tout commence par une idée mise sur papier, maquettée avant de travailler la pierre.
Un marbre blanc de Carrare, reconnu pour sa qualité et sa pureté, puis s’ensuit un dialogue entre l’artiste et la pierre, leurs failles et leurs forces. Ikram Cabage est précurseur d’un art public accessible à tous, un concept encore émergent dans le pays. Son inspiration provient aussi de l’environnement très floral de son atelier extérieur de Marrakech. Pour l’artiste marocaine diplômée des beaux-arts de Casablanca et de Paris, être une femme n’a jamais été un frein, même si son parcours est jalonné d’anecdotes parfois révélatrices.
Dans une société marocaine aux diverses facettes, à plusieurs vitesses, la scène artistique contemporaine est multiple. Toutes les artistes n’ont pas la même notoriété, les mêmes motivations, ne se sont pas confrontées aux mêmes freins. Mais pour beaucoup, la démarche se nourrit d’expériences personnelles. Une renaissance permet à Aïcha Abouage de s’émanciper personnellement et dans son travail. Entre tradition et modernité, elle explore la perception du corps féminin, souvent soumis à des normes sociales, culturelles et politiques, sans oublier pour autant ses racines et ses origines.
À Marrakech, le Macal est un musée d’art dédié à la création contemporaine du continent africain et de ses diasporas. Le but : promouvoir les expressions créatrices plastiques du continent, rendre accessible le rapport à l’art. L’équipe du musée est composée à près de 90 % de femmes, essentiellement marocaines. Au milieu d’un parcours divers et stimulant, le visiteur perçoit, ressent, vibre grâce aux sculptures, peintures et photographies. Le dynamisme artistique du pays devient une vitrine reconnue, et ce défi est aussi celui de nombreuses galeristes et passionnés partout dans le pays, pour démocratiser et faire rayonner une scène contemporaine marocaine dynamique et talentueuse.
📝 Transcription complète de la vidéo
Armé de sa meule, de son marteau, de son burin, Ikram Cabage travaille le marbre depuis près de 40 ans. Un processus créatif très physique pour cet artiste sculpteur. est une pionnière de l'art contemporain au Maroc. Et le plus compliqué, c'est quand on on essaie de trouver le concept pour l'exécuter dans un bloc de mar. Tout commence par une idée mise sur papier maqueté avant de travailler la pierre. J'ai cette face là que je décide et que je vais creuser, que je vais travailler parce que c'est plus simple de travailler coup comme ça avoir le dominer la pierre parce que la pierre c'est un c'est un matériau qui est assez solide donc c'est plus pratique. Un marbre blanc de carar reconnu pour sa qualité sa pureté s'ensuit un dialogue entre l'artiste et la pierre leurs failles et leurs forces. Ça va partir en fonction du type de création. Ikram Cabage est précurseur d'un art public accessible à tous. Un concept encore émergent dans le pays. Je vois l'espace qu'on qu'on m'offre et j'essaie de de créer selon selon l'espace qui est une espèce d'harmonie entre la nature et la sculpture. Son inspiration provient aussi de l'environnement de travail très floral de son atelier extérieur de Marrakech. Un prototype à l'échelle 1/10è aux formes souvent organiques qui joue sur les courbes se transforme en macrostructure. La taille finale est contrainte par les 4 m du bloc de marbre. Pour d'autres matériaux, aucune limite. Pour l'artiste marocaine diplômée des beauxarts de Casablanca et de Paris, être une femme n'a jamais été un fran, même si son parcours est jalonné d'anecdote parfois révélatrice. Quand j'ai besoin d'une grue où j'appelle le gars, il pense pas que c'est c'est c'est moi qui fait la sculpture et c'est moi qui travaille la pierre. Donc il me regarde comme ça. Au début, il est sceptique et tout puis après elle me dit "Ah ouais, c'est toi ?" Waouh ! Donc au début et après le rapport il change parce que je suis une femme. Automatiquement les gens ils pensent que c'est un métier masculin. [musique] Dans une société marocaine aux diverses facettes à plusieurs vitesses, la scène artistique contemporaine est multiple. Toutes les artistes n'ont pas la même notoriété, les mêmes motivations, ne se sont pas confrontés au même frein. Mais pour beaucoup, la démarche se nourrit d'expériences personnelles. C'est une transition où j'étais voilé et ici comment les autres me voyaient, me regardaient. Et après, il y a la partie où je me suis posé beaucoup de questions dans ma vie. Est-ce que je le veux ou je le veux pas ? Est-ce que c'est un truc que je l'ai choisi ou c'était imposé par la société ou la famille ? Et euh ça un moment donné ça m'a étouffé et je me suis dit je me je me suis dit "OK, je vais prendre les choses en main et je vais me libérer de tout ce poids et se réconcilier avec moi-même." Et c'était une phase de renaissance. Une renaissance qui permet à Aïcha Abouage de s'émanciper personnellement et dans son travail. Entre tradition et modernité, elle explore la perception du corps féminin, souvent soumis à des normes sociales, culturelles et politiques, sans oublier pour autant ses racines, ses origines. Une partie des œuvres de l'artiste s'inspire de l'héritage culturel nord-africain, de symboles amasières qu'elle déconstruit en fonction du message qu'elle veut transmettre, des formes géométriques à l'image des tatouages berbères. Alors, par exemple ici, j'ai pris ce triangle là que je l'ai que je l'ai pris d'ici de ce symbole là qui symbolise aussi la masculinité. Je l'ai pris, je l'ai je l'ai déconstruit et après je l'ai mixé avec ce symbole là qui est la le symbole de de la famille de de l'arbre. Objectif final de l'artiste, se libérer d'un carcan dénoncer le poids des responsabilités et l'attention perçue par une partie des femmes marocaines comme un mélange de thérapie et d'études sociologiques, mais aussi des messages plus joyeux, positifs, colorés. Quand j'étais euh petite, je partais au bled. C'est la période aussi des des mariages. Je voyait beaucoup de femmes porter les accessoires àir qui sont très colorés. Les couleurs vives pour moi, c'est une manière aussi de dire que j'ai ma place dans cette société. À Marrakech, le Macal est un musée d'art dédié à la création contemporaine du continent africain et de ses diasporas. Le but ? Promouvoir les expressions créatrices plastiques du continent, rendre accessible le rapport à l'art. L'équipe du musée est composée à près de 90 % de femmes essentiellement marocaines, des professionnels passionnées et exige comme lors de la vérification hebdomadaire des salles du musée. [musique] Au milieu d'un parcours diverse et stimulant, une œuvre presque scénographique signée Fatiha Zemour tel un appel à la méditation. Une superposition de calligraphie à base de terre de l'Atlace. Des tons différents pour un matériau local mais universel adapté à l'introspection. En fait, on sait très bien que c'est de la terre qui est un qui est un matériau quand même sec et assez inconfortable. Et quand on la regarde, on sent on perçoit autre chose. On perçoit quelque chose de très doux et de très velouté. C'est cette ambiguï là qui m'intéresse beaucoup aussi. C'est ce fil ténu entre ce qu'on voit et ce qu'on perçoit. Et dans les différentes salles du musée, le visiteur perçoit, ressent, vibre grâce aux sculptures, peinture, photographie. Le Macal est reconnu pour la diversité de ses œuvres à l'image de l'art contemporain au Maroc. Le Maroc est quand même au carrefour de plusieurs cultures. Il lui-même revit un certain nombre de cultures à travers le pays, du nord au sud. Il est important de ne pas le visualiser comme un bloc. Ce dynamisme artistique du pays devient une vitrine reconnue. Valoriser sa culture, c'est savoir-faire traditionnel. affirmer son identité au-delà des frontières du royaume. Ce textile s'appelle Talismanna et c'est une œuvre de Amina Exney qui représente le Maroc à la bienénale de Venise cette année. Elle défie vraiment les frontières entre l'architecture, le design, les arts traditionnels, l'art contemporain qui sont des codes des canons qui ont été hérités de de l'Occident, de la colonisation. Et en fait, en faisant fle de ces codes, de ces catégorisations, elle nous montre à quel point en fait le euh la l'expression artistique n'a pas besoin de catégorie pour exister. Elle se vit. Une expression artistique vivante et vivace, ouverture de musée, multiplication des galeries. À l'instard de son développement dans le bassin méditerranéen et le monde arabe, le marché de l'aroc se structure, se développe. Un marché à deux vitesses. Il va très très vite pour les peintres modernes, il va lentement pour les artistes contemporains. d'où l'importance du travail de promotion que peuvent faire aussi à la fois les galeries mais aussi le soutien des institutions parce que évidemment les artistes contemporains d'aujourd'hui deviendront des classiques demain. Soutenir des femmes et des hommes inspirés, créatifs, c'est le défi de cette galerie d'artistes et de nombreux passionnés partout dans le pays pour démocratiser et faire rayonner une scène contemporaine marocaine dynamique et talentueuse.
Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur
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