« Nous vivions en retrait complet, isolés au milieu des bois sans personne sur qui compter » : ces enfants de harkis racontent leur difficile jeunesse dans l’ancien « camp » de Valbonne
Malika Dakiche revient régulièrement sur les lieux où elle a passé une grande partie de son enfance et de sa jeunesse. Elle y évoque, pour ses enfants, des souvenirs marqués par l’isolement, la précarité et l’alcoolisme, dans ce hameau de…
Malika Dakiche revient régulièrement sur les lieux où elle a passé une grande partie de son enfance et de sa jeunesse. Elle y évoque, pour ses enfants, des souvenirs marqués par l’isolement, la précarité et l’alcoolisme, dans ce hameau de forestage harki de Valbonne aujourd’hui entouré par les routes menant à Sophia Antipolis.
Avec d’anciens habitants, elle se souvient d’un ensemble de baraquements rudimentaires au milieu des bois, loin de tout, où les familles venues après la guerre d’Algérie vivaient presque coupées du reste du monde. Les conditions de vie y étaient très difficiles, dans des logements exigus où plusieurs personnes s’entassaient, tandis que les enfants grandissaient dans un cadre marqué par la solitude et la dureté du quotidien.
Les témoignages font aussi état de violences, de tensions familiales et de pères parfois brisés par la guerre et l’exode. Les hommes étaient employés par le service des Eaux et Forêts, mais leurs revenus restaient faibles et une grande partie servait à se nourrir. Beaucoup d’enfants ont quitté tôt l’école pour travailler, certains allant jusqu’à chercher de petits revenus autour du golf de Sophia Antipolis.
Il ne restait plus que quelques familles en 1992 avant leur relogement à Valbonne. Aujourd’hui, les descendants veulent préserver cette mémoire. Après une stèle érigée en 2019, la pose de la première pierre d’une future Maison de la mémoire harkie doit avoir lieu vendredi 25 septembre prochain sur ce site.
Source : Nice-Matin
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