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La difficile reconstruction des habitants après les incendies dramatiques de cet été dans le Var

Des flammes de 40 mètres de haut, un feu qui dévore tout sur son passage, des pompiers qui luttent sans relâche. La peur, l’angoisse pour des milliers de personnes évacuées des villages. Plus de 5 500 hectares de forêt brûlés…

La difficile reconstruction des habitants après les incendies dramatiques de cet été dans le Var
Vidéo : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

Des flammes de 40 mètres de haut, un feu qui dévore tout sur son passage, des pompiers qui luttent sans relâche. La peur, l’angoisse pour des milliers de personnes évacuées des villages. Plus de 5 500 hectares de forêt brûlés dans le centre du Var. Un premier feu a commencé aux Arcs-sur-Argens, puis un autre a eu lieu dans le massif du Gros Bessillon. Pendant près de 3 semaines, malgré le travail acharné des soldats du feu, certaines maisons n’ont pas résisté aux flammes.

Un mois après, Stanislas nous montre les dégâts. Sa maison a subi les incendies à deux reprises. Elle est totalement inhabitable. Il a fallu trouver une solution dans l’urgence pour sa femme et son fils. « Alors là, on est relogés à côté par des amis qui nous prêtent en fait leur maison secondaire. Il y a vraiment une belle solidarité au niveau du village, et tout le monde a aidé, tout le monde a soutenu. » À l’intérieur, il faut sauver ce qui peut encore l’être, faire le tri. Certains objets sont intacts, d’autres pas. En fait, c’est la fumée qui s’est engouffrée dans la maison, et donc on a de la suie partout sur les murs.

La maison est une véritable ruche. On enlève la suie avec des éponges spéciales. Les résultats sont rapidement visibles. C’est une entreprise spécialisée qui s’occupe du nettoyage, du sol au plafond : décontamination des supports, puis évacuation du mobilier qui est trop impacté, ou bien évacuation des déblais quand la zone n’est pas amiantée. On peut intervenir et déblayer tous les gravats, et faire propre pour que les autres corps de métier derrière puissent intervenir dans une zone qui est sûre. Ce jour-là, Stanislas et sa femme Wendy ont rendez-vous avec un entrepreneur pour faire des devis en vue de la reconstruction. Mais je suis montré tendu des dégâts, et puis là on est sur de la microfissure pour moi. Il n’y a vraiment rien de dramatique. La reconstruction va prendre du temps, 1 à 2 ans, et cette maison n’est pas la seule à être impactée dans le secteur.

Même si la reconstruction se dessine, un autre chantier attend le couple. Stanislas et Wendy avaient installé ici des lodges qu’ils louaient aux touristes, tente, transat, piscine, des petits coins de paradis en plein cœur de la nature, qui ont été complètement détruits. « En fait, j’ai été beaucoup plus touchée par la forêt que par la maison, moi, bizarrement, parce qu’on a travaillé, construit la forêt. C’est assez rapide la forêt, c’est nous, les écolos qu’on avait faits, et tout ça, on sait qu’il n’y aura pas, les assurances ne couvrent pas, et voilà. Donc ça, ça m’a beaucoup plus touchée. » Sur certains chemins, l’stigmate de l’incendie reste bien visible : carcasse de voiture, paysage roussi par les flammes. Un peu partout, le déblaiement se poursuit.

À Cotignac, une cinquantaine de maisons a été partiellement détruite, dont 28 complètement. Celles-ci seront peut-être démolies. Dès le début de l’incendie, cet assureur a interrompu ses vacances pour aider les sinistrés dans leur démarche. Un mois après, toutes les expertises ont été effectuées malgré un nombre de dossiers important. Nous avons à peu près une petite quarantaine de dossiers qui ont été ouverts. Nous avons des sinistres qui partent, je dirais, d’une auto ou d’un quad, d’un engin agricole qui aura pu être brûlé, ensuite des habitations en totalité au minimum. Ça dépend de ce qui a été touché, mais ça peut aller de 3 000 à 500 000 euros, le sinistre impacté.

Mais tous les sinistres ne sont pas si faciles à estimer. Il y a aussi des préjudices psychologiques. Juliette aimait se promener dans ses bois, à côté de chez elle. Aujourd’hui, elle peine à retourner dans ses paysages de désolation. L’odeur du brûlé a quasiment disparu, mais ça c’était imprégné dans notre peau, dans les cheveux, les vêtements bien sûr. C’était infernal. Juliette a eu la peur de sa vie. Elle a dû partir en catastrophe. La villa a été encerclée par les flammes. Si elle est encore intacte, c’est grâce à plusieurs précautions, comme le débroussaillage autour de la maison : le feu s’est arrêté à quelques mètres seulement. Les vignes ont fait coupe-feu probablement. Derrière la maison, il y a un chemin qui a dû faire coupe également, et parce que mon compagnon était là tous les jours à arroser, alors qu’il y avait le feu pas loin. Mais bon, il venait tous les jours, et chaque midi quand je le rejoignais, on allait éteindre des souches qui prenaient dans la forêt.

Pendant l’incendie, difficile de manger, de dormir. Comme de nombreux habitants, le traumatisme est encore bien présent. À Correns, 1 720 hectares ont brûlé, c’est le village le plus impacté du Var. À Pontevès, c’est plus de 1 500 hectares. Cotignac est la troisième commune la plus touchée. Mais que faire de tous ces arbres noirs-ci ? Les coupes de bois ont déjà commencé. L’Office national des forêts a engagé un

📝 Transcription complète de la vidéo

Des flammes de 40 m de haut, un feu qui dévore tout sur son passage, des pompiers qui lutent sans relâche. La peur, l'angoisse pour des milliers de personnes évacuées des villages. Plus de 5500 hectares de forêt brûlé dans le centre du Var. Un premier feu a commencé aux arcs sur Argence, puis un autre a eu lieu dans le massif du gros bessillon. Pendant près de 3 semaines, malgré le travail acharné des soldats du feu, certaines maisons n'ont pas résisté aux flammes. Ça c'était une dépendance qu'on avait pour pour la famille, les amis. Un mois après, Stanislas nous montre les dégâts. Sa maison a subi les incendies à deux reprises. Elle est totalement inhabitable. Il a fallu trouver une solution dans l'urgence pour sa femme et son fils. Alors là, on est relogé à côté par des amis qui qui doulouent en fait leur leur maison secondaire. Il y a vraiment une belle solidarité au niveau au niveau du village et tout le monde a aidé, tout le monde a soutenu. À l'intérieur, il faut sauver ce qui peut encore l'être, faire le tri. Certains objets sont intacts, d'autres pas. En fait, c'est la c'est la la fumée qui s'est engouffrée dans la maison et donc on a de la suit de la suit partout sur les murs. La maison est une véritable ruche. On enlève la suit avec des éponges spéciales. Les résultats sont rapidement visibles. C'est une entreprise spécialisée qui s'occupe du nettoyage du sol au plafond. C'est nettoyage donc décontamination des supports puis de l'évacuation de l'évacuation de mobilier qui est trop impacté. ou bien l'évacuation de déblais quand effectivement la zone n'est pas amiantée. On peut intervenir et déblayer tous les gravas et faire propre pour que les autres corps de métier derrière puissent intervenir dans une zone qui est asse. Ce jour-là, Stanislas et sa femme Wendy ont rendez-vous avec un entrepreneur pour faire des devis en vue de la reconstruction. Mais je vous suis montré tendu des dégâts et puis là on est sur de la microfissure pour moi. Il y a vraiment rien de dramatique pour voir si ça s'est répercuté à l'intérieur. Non la reconstruction va prendre du temps 1 à 2 ans et cette maison n'est pas la seule à être impactée dans le secteur. Celle-ci est un peu plus inquiétante. Alors là en ce moment, j'ai eu trois appels pour des villas partiellement détruites et détruites sur Cotinac, sur Corrence. Et ce matin, je sors d'un rendez-vous à 500 m d'ici pour une piscine qui a complètement brûlé et les toitures un peu de la maison aussi. Donc beaucoup de travail en perspective et ouais, il y a pas mal de pas mal de choses à faire. Même si la reconstruction se dessine, un autre chantier attend le couple. Stanissas et Wendy avaient installé ici des lodges qui louaient aux touristes, tente, transat, piscine, des petits coins de paradis en plein cœur de la nature qui ont été complètement détruits. En fait, j'ai été beaucoup plus touchée par la forêt que par la maison. Moi, bizarrement, parce qu'on a travaillé construit la forêt. C'est assez rapide la forêt, c'est 50 boulot nous-mêmes, les écolotes qu'on avait fait et tout ça, on sait qu'il y aura pas les assurances couvrent pas et voilà. Donc ça ça m'a beaucoup plus touché. Sur certains chemins, l'estigmat de l'incendie reste bien visible. Carcasse de voiture, paysage roussi par les flammes. Un peu partout, le déblément se poursuit. À Cotinac, une cinquantaine de maisons a été partiellement [musique] détruite, dont 28 complètement. Celles-ci seront peut-être démolées. Dès le début de l'incendie, cette assureur a interrompu ses vacances pour aider les sinistrés dans leur démarche. Un mois après, toutes les expertises ont été effectuées malgré un nombre de dossiers importants. Nous avons à peu près une petite quarantaine de dossiers qui ont été ouverts. Nous avons des sinistres qui partent, je dirais d'une auto ou d'un quad d'un engin agricole qui aura pu être brûlé sur ensuite des habitations en totalité au minimum. Ça dépend de ce qui a été touché mais ça peut aller de 3000 à 500000 € le le sinistre impacté. Mais tous les sinistres ne sont pas si faciles à estimer. Il y a aussi des préjudices psychologiques. Juliette aimait [musique] se promener dans ses bois à côté de chez elle. Aujourd'hui, elle peine à retourner dans ses paysages de désolation. L'odeur du brûlet a quasiment disparu, mais ça c'était imprégni dans notre peau, dans les cheveux, les vêtements bien sûr. C'était infernal. Juliette a eu la peur de sa vie. Elle a dû partir en catastrophe. La villa a été encerclée par les flammes. Si elle est encore intacte, c'est grâce à plusieurs précautions comme le débroussaillage autour de la maison, le feu s'est arrêté à quelques mètres. seulement les vignes ont fait coupe-feu probablement. Derrière la maison, il y a un chemin donc qui a dû faire coupe également et parce que mon compagnon était là tous les jours à arroser alors qu'il y avait le feu pas loin mais bon, il venait tous les jours et chaque midi quand je le rejoignais, on allait éteindre des souches qui prenaient dans la forêt. Pendant l'incendie, difficile de manger, de dormir. Comme de nombreux habitants, le traumatisme est encore bien présent. Je suis plus venue, j'ai attendu qu'il y ait eu les pluies pour revenir. Ah oui ! Ah oui ! Moi, je voulais pas dormir là. Clair. À Corence, 1720 hectares en brûlé, c'est le village le plus impacté du Var. À Ponteves, c'est plus de 1500 hectares. Cotignac est la troisème commune la plus touchée. Mais que faire de tous ces arbres noirs-ci ? Les coupes de bois ont déjà commencé. L'Office national des forêts a engagé un chantier de grosses machines comme cette abatteuse arrache les trons d'arbre et les découpe en quelques minutes. Ce sont surtout des pains d'alpe âgé de 80 à 100 ans. L'objectif pour nous c'est de valoriser pour la filière bois toute cette ressource en bois qui a brûlé la valoriser de différentes manières en bois énergie pour l'industrie papetière. Tout dépend de l'intensité de la combustion de ce bois et de leur qualité qui leur reste. Seuls les trons d'arbres partiront dans la filière bois. Les branches sont tronçonnées et restent au sol. En se décomposant, elles vont nourrir la terre en libérant des minéraux et du carbone. Mais la forêt peut-elle se reconstruire toute seule ? Oui. Oui. Je suis assez confiant sur l'avenir. On peut l'observer déjà actuellement. On a eu des pluies en fin de saison qui ont été extrêmement bénéfiques et on voit déjà des rejets de souche, on voit déjà de la régénération qui se met en place sur certains endroits, c'est les balles du ciment. Mais cette forêt méditerranéenne là, elle a cette capacité à revenir après l'incendie qui fait partie de son cycle naturel. Donc moi, je suis confiant, on a des essences en plus qui sont résistantes et résilientes au changement climatique. Mais dans le Var, plus de 60 % des forêts appartiennent à des propriétaires privés et les limites des terrains sont difficiles à retrouver. Alors, on peut noter, voilà, on voit un mélange de feu et de et de résineux. Depuis la fin de l'incendie, ces agents de la propriété forestière privée procèdent à des diagnostics très précis dans les parcelles ravagées par le feu. Alors, OK. Donc, sur le feu, on a une hauteur de 8 à 12 m. Ouais. L'idée qu'on poursuit le Centre national de la Propriété Forestière sur ce secteur, c'est de regrouper les propriétaires parce que des petits propriétaires isolé ne peuvent pas faire de coupe de bois tout seul. Ouais. Sur leur tablette les informations issues du cadastre. À ce jour, plus de 1300 courriers ont été envoyés aux propriétaires qui sont les seuls décisionnaires pour les coupes. Si les propriétaires ne le souhaitent pas le faire, on ne pourra pas les obliger à le faire. Par ailleurs, on ne retrouvera aussi pas tous les propriétaires parce que malheureusement on a 20 % des petites parcelles pour lesquelles on ne retrouve pas les propriétaire. Donc ça ça reste aussi des surfaces sur lesquelles on va avoir du mal à intervenir. Mais en cas de risque d'érosion important des sols, la puissance publique peut obliger ses propriétaires à effectuer des coupes. [musique] Un mois après les incendies, quelle solution pour protéger davantage les habitants, leur maison et la forêt ? Le 19 juillet dernier, en quelques heures, le feu parti de Tarado a ravagé 200 hectares et détruit 91 maisons sur la commune des Arcs. Le feu descendu de la colline s'est propagé via les jardins. Aujourd'hui, le maire des arcs, ancien pompier, [musique] tire les leçons de ce drame. on avait du débrousaillage qui était pas bien fait où nous avions des matériaux euh qui étaient pas adaptés puisqueon [musique] a vu que le feu a été aussi transporté par du gazon synthétique, par les gouttières qui étaient en plastique par des bâches. Donc tout ça est à est à prendre en compte. Les obligations légales de débrousaillage, c'est quelque chose qu'il faut absolument mettre en œuvre pour protéger pour se protéger soi-même et aussi pour protéger les pompiers. Quand le feu se déclenche sur le massif du gros bessillon, personne ne peut imaginer qu'il va durer aussi longtemps. Près de 3 semaines d'incendie qui mettent en danger les habitants et les pompiers, canicule, sécheresse de la végétation, vent changeant, [musique] ce cocktail explosif va alimenter, nourrir le feu. Au PC sapeurs pompiers, des bénévoles surveillent le moindre départ de fumée grâce aux caméras de vidéosurveillance. Mais cela ne suffit pas à arrêter des incendies de plus en plus incontrôlables. Pour les feux en norme, ça ne suffira pas. Il faut une résilience du territoire. Et c'est pas d'aujourd'hui que je dis que euh pour défendre une forêt, il faut avoir des pistes, il faut avoir des coupures combustibles qui coupe les massifs. Ça c'est pour la forêt. Et puis ensuite dans l'interface euh habitat forêt, il faut avoir aussi une aménagement du territoire, ce que j'appelle la résilience du territoire de façon à ce qu'on ne brûle pas de maison, de façon à ce que la population ne soit pas en danger et je rajouterai de façon à ce que les sapeurs pompiers ne soient pas en danger. Des solutions concrètes [musique] à long terme. Et pour les victimes des incendies, la solidarité c'est ce qui permet de s'en sortir plus vite. Quand vous voyez que le feu il était là, donc ça ça a brûlé. J'aurais au moins une serre à pas à pas refaire pour autant de la bâche. À Corence, Sylvain Tosi a perdu toutes ses culture. Ce jour-là, on lui prête une mini pelle pour enlever la terre polluée. Surtout, une cagnotte lui permet d'envisager une reprise au printemps prochain. C'est clair que là, je repars à zéro, mais près de près de d'une machine, j'ai eu beaucoup de dons, de l'outillage, des dons financiers qui m'ont permis de racheter des du matériel assez rapidement. une cagnotte qui tourne euh du soutien énorme. Coran, c'est un village, il y a une force et il y a une solidarité énorme. Non, on peut pas, on a pleuré un bon coup. Maintenant, on va la recréer cette forêt. On va laisser le temps. Mais ça va être long mais ça va être chouette plus tard. Ce soir-là, au théâtre de Verdure, les habitants de Corence organisent un concert caritatif pour remercier les pompiers bénévoles du centre communal des feux de forêt. On veut de la douceur et de la gaieté pour l'offrir à ceux qui qui ont été quand même en première ligne bénévolement qui ont risqué leur vie quoi. Heureusement, ces incendies historiques n'ont pas fait de victime dans le Var. Les villageois sont prêts à unir leur force. Les solutions à trouver seront politiques, collectives et locales pour se préserver à l'avenir des feux de plus en plus longs et dévastateurs.

Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

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