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MEDITERRANEO – En Italie, l’enseignement pour les enfants handicapés est une référence

Nous sommes aux confins de l’Italie. En Sardaigne, neuf villages possèdent une richesse qu’ils se partagent : une école pour tous. Quelles que soient les différences, quels que soient leurs handicaps, tous les enfants ont leur place dans ce groupe…

MEDITERRANEO – En Italie, l’enseignement pour les enfants handicapés est une référence
Vidéo : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

Nous sommes aux confins de l’Italie. En Sardaigne, neuf villages possèdent une richesse qu’ils se partagent : une école pour tous. Quelles que soient les différences, quels que soient leurs handicaps, tous les enfants ont leur place dans ce groupe scolaire.

Joya a six ans. Elle a perdu la vue à la suite d’une tumeur quand elle avait deux ans. Elle est aujourd’hui guérie de son cancer. Tous les matins, Joya attend avec impatience de partir à l’école. Elle est scolarisée à l’école d’Olastra, comme tous les enfants du village. Dès son arrivée, une équipe adaptée à son handicap est prête à l’accompagner, et même le directeur est là pour l’accueillir. Joya est accompagnée par une enseignante de soutien qui reste toute la journée à ses côtés. Ce matin, c’est une leçon de braille qui est proposée à toute la classe. Joya a son alphabet tactile au mur pendant que les autres enfants suivent au tableau. Il est important que tous les enfants partagent le même langage, le même outil de communication, sinon ce ne serait pas une activité inclusive. Elle doit imaginer à quoi ressemble le monde où je vis, et je dois comprendre le sien.

En Italie, l’État a fait un choix radical en 1971 : rendre obligatoire l’inclusion de tous les enfants en situation de handicap dans les classes normales. Ce droit historique coûte aujourd’hui à l’État près de 40 000 euros par an pour chaque enfant. Mais le droit de la personne est plus important que le coût financier pour l’État. Jennifer accompagne, elle, ses trois enfants en situation de handicap : ses jumeaux de 4 ans et Léo, son premier fils autiste, âgé de 6 ans. Chaque jumeau a son enseignante, un suivi sur mesure, un soutien essentiel pour Jennifer. Ici, comme dans toute l’Italie, cela représente près de 5 % des effectifs scolaires.

L’inclusion fonctionne malgré les difficultés, grâce à la présence toute la journée à leurs côtés de leur enseignante de soutien. Chaque élève a un projet éducatif personnel en fonction de ses capacités. On retrouve aussi Sebastiano, dans le village d’Oristano. Il a 48 ans et il est l’un des premiers enfants porteurs de trisomie 21 à avoir étudié au sein de l’école pour tous. Aujourd’hui, il est sculpteur dans une coopérative. Pour lui, l’école lui a tellement donné. La dignité est ce qu’il y a de plus important pour quelqu’un. La beauté de la vie, ce n’est pas seulement de devenir quelqu’un, mais c’est aussi de s’exprimer avec ses mains.

📝 Transcription complète de la vidéo

[musique] Nous sommes au confins de l'Italie. En Sardaigne, neuf villages possèdent une richesse qu'ils se partagent, une école pour tous. Quelles que soient les différences, quels que soient leurs handicaps, tous les enfants ont leur place dans ce groupe scolaire. [chant][applaudissements] [musique] Bonjour. C'est mon papa. Il m'a fait un bisou. Allez, va les réveiller, s'il te plaît. Joya a six frères et sœurs. ! Joya a six ans. Elle a perdu la vue suite à une tumeur quand elle avait deux ans. Elle est aujourd'hui guérie de son cancer. Il faut que je te coiffe, lève-toi. Tous les matins, Joya attend avec impatience de partir à l'école. Passe-moi l'élastique. Tiens. [chant] Joya est scolarisée à l'école d'Olastra comme tous les enfants du village. [chant] Dès son arrivée le matin, une équipe adaptée à son handicap est prête à l'accompagner. Et même le directeur est là pour l'accueillir. Comment ça ? Bien. Il est pas grand ton ? Oui. Comment ça se ? C'est le ? Oui. Tu es une grande fille, c'est pour ça qu'il est grand ton tablier. Et oui. Joya est accompagnée par une enseignante de soutien qui reste [rires] toute la par une enseignante de soutien qui reste toute la journée à ses côtés. Elle suit les Mais ce matin, c'est une leçon de braille qui est proposée à toute la classe. On commence par faire une ligne de A. Ça va ? Touche avec le doigt, on a écrit la lettre A. C'est pas difficile. Joya a son alphabet tactile au mur pendant que les autres enfants suivent au tableau. Qu'est-ce que je dois ? Le ? Le U de Uva, c'est le raisin. Le U. Bravo. Tu te souviens le ? Le U de Uva, le raisin. C'est important que tous les enfants partagent le même langage. Le même outil de communication, sinon ce ne serait pas une activité inclusive. Ce ne serait qu'une activité pour Joya. Elle doit imaginer à quoi ressemble le monde où je vis. Et je dois comprendre le sien. Jana, l'enseignante de soutien, gagne le même salaire que la maîtresse de la classe. Une maîtresse qui se réjouit de devoir adapter son enseignement aux besoins de chaque enfant. C'est ma première expérience avec un élève non voyant. Je me remets en cause. Je prends d'ailleurs des cours. Je veux adapter mon enseignement à Joya et pour moi, c'est un enrichissement. En plus de son enseignant personnel, Joya est aidée par une éducatrice. Carla ne la quitte pas pour s'assurer de sa sécurité pendant ses déplacements. J'essaie d'aider Je la guide et je l'accompagne. Si Gioia est scolarisée ici, c'est parce que l'Italie a fait un choix radical en 1971. Elle a rendu obligatoire l'inclusion de tous les enfants en situation de handicap dans les classes normales. Ce droit historique coûte aujourd'hui à l'État près de 40000 euros par an pour chaque enfant. Le coût est effectivement énorme. On peut dire que c'est un investissement. Le droit de la personne est plus important que le coût financier pour l'État. [musique] Cette jeune mère, Jennifer, [musique] accompagne ce matin ses trois enfants en situation de handicap. Ses jumeaux de 4 ans, et Léo, son premier fils autiste, âgé de 6 ans. Il fait froid, rentrez vite. Chaque matin, les jumeaux de Jennifer sont accueillis par leur enseignante personnelle. Qui la ? Toi ou ? Chaque jumeau a son enseignante, un suivi sur mesure, un soutien essentiel pour Jennifer qui a retrouvé l'école de son enfance. Le directeur a été mon professeur. On se connaît très bien. Pour moi, c'est très émouvant de retrouver Jenny et les autres parents qui ont été mes élèves. Leurs enfants sont comme mes petits-enfants. La première chose que j'ai dit aux maîtresses quand je les ai inscrits à l'école, je leur ai dit "Occupez-vous d'eux comme s'ils étaient normaux." Ici, comme les jumeaux, 30 enfants en situation de handicap [musique] ont chacun leur enseignante. Dans cette école, comme dans toute l'Italie, cela représente près de 5 % des effectifs scolaires. Un engagement exigeant avec des enfants qui ont parfois des troubles sévères de l'apprentissage et du comportement comme Alfonso. Encouragé par les enseignantes de soutien, Alfonso a fait d'énormes progrès. Les autres enfants l'ont accepté. Ils font aussi attention à Daniela qui rencontre des difficultés en lien avec son autisme. Elle supporte difficilement le contact avec les autres, mais elle participe quand même. [musique] Après la gym, bien encadrée, la classe sort des murs de l'école. Allez Alfonso, avance. Alfonso, avec les autres. Quand je m'énerve à la maison, je vais casser des choses dans la campagne pour repasser ma colère. Et là, à l'école, je m'arrête. Les professeurs me font comprendre que s'énerver, vaut Oui, on t'arrête quand tu es énervé, quand tu as envie de lever la main sur tes copains, ça c'est pas possible, tu ? Mais dans la vie, on peut tous s'énerver, ça c'est normal. Ne touchez pas. [musique][chant] [musique] Parfois, ça devient difficile car il y a des élèves qui ont du mal à respecter les règles. Ils sont trop exubérants. Ils créent des situations compliquées, mais on arrive à les gérer. Alfonso n'a pas vraiment envie de rentrer en classe. Il ne te plaît pas ce qu'on a ? Non. C'est nul. Mais Alfonso ne peut pas rater le cours. Pardon Alfonso. Ici, l'inclusion fonctionne malgré les difficultés, grâce à la présence toute la journée à leurs côtés de leur [musique] enseignante de soutien. C'est très beau. Chaque élève a un projet éducatif personnel en fonction de ses capacités. [musique] [musique][chant] Moi, j'aime bien jouer avec Alfonso. Parfois, il peut embêter les gens. Mais c'est un jeu. Moi Moi je fais exactement pareil. Il y a des gens qui ont de l'humour et qui comprennent et d'autres pas. On retrouve la classe de Gioia pour une nouvelle expérience du vivre-ensemble. Allez Virginia, c'est à toi. Viens. Suis le son de la clochette. La copine de classe de Gioia va ressentir ce qu'elle vit au quotidien. Se déplacer sans voir. Gioia participe aussi à l'exercice. Pour l'école italienne, comprendre la diversité est la meilleure leçon contre l'exclusion et le harcèlement. Après l'école, les grandes sœurs de Gioia [musique] aident leur père à s'occuper des brebis. [chant][musique] Moi, je suis berger. [musique] Ben, au début, j'avais peur que les autres se moquent d'elle. Tu me ? J'étais pas pour qu'on l'envoie à l'école. Je vous dis la vérité. Grâce à Dieu, heureusement, ils l'ont très bien accueillie. Excusez-moi, vous me comprenez. Une fois par semaine, [musique] la mère de Gioia et sa grande sœur se retrouvent sur les bancs de sa classe. On va voir la ponctuation en braille. Elles apprennent à leur tour le Braille pour aider Gioia à faire ses devoirs. Tous les adultes qui l'entourent ont accès à ce cours. Nous retrouvons Jennifer qui récupère Léo, le grand frère des jumeaux. Allez, on va à la maison. Jennifer et son mari se sont mariés l'été dernier. En France, un enfant sur quatre présentant un handicap grandit dans une famille monoparentale. Jennifer nous confie que le soutien dont il bénéficie les a tous aidés. Avant que quelqu'un arrivait, Léo ouvrait la porte et lui disait tout de suite "Bonjour, va-t'en." Il voulait personne. Maintenant, c'est lui qui va ouvrir, tout sourire. Ça lui plaît de voir les gens. Il a complètement changé. Dans le village d'Oristano, Sebastiano [musique] a trouvé sa place dans la société. Il a 48 ans. Il est l'un des premiers enfants porteurs de trisomie 21 à avoir étudié au sein de l'école pour tous. Bonjour. J'en voudrais cinq. Le Milan AC a gagné 3-1 et aujourd'hui on joue contre l'équipe de Lecce. Vous vous connaissez ? Oui, on était à l'école ensemble. On était petits. Et on a fait les 400 coups. Et on est copains pour la vie. Sebastiano part au travail. Il est sculpteur dans une coopérative. Avec mon chromosome 21 Je me suis battu. Et l'école m'a tellement donné. La dignité est ce qui est le plus important pour quelqu'un. La beauté de la vie, ce n'est pas seulement de devenir quelqu'un mais c'est aussi de s'exprimer avec ses mains. Ça aussi, c'est important. Est-ce que vous savez qu'en France, des enfants avec un handicap ne peuvent pas aller à ? ? Ils ne peuvent pas aller dans ces écoles. Qu'est-ce qu'ils ont de ? Rien. Moi, je veux faire un appel à ces personnes. Leur dire que nous, les personnes avec un handicap nous sommes comme tous les autres.

Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

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