#Cannes2025. Isabelle Huppert en entretien intégral pour le film « La Femme la plus riche du monde »
dans un rôle de femme grande bourgeoise, évidemment inspirée de Liliane Béthencourt. Quand Thierry vous a proposé le personnage, qu’est-ce que vous vous êtes dit ? Je me suis dit que le scénario et les dialogues étaient écrits de telle…
dans un rôle de femme grande bourgeoise, évidemment inspirée de Liliane Béthencourt. Quand Thierry vous a proposé le personnage, qu’est-ce que vous vous êtes dit ? Je me suis dit que le scénario et les dialogues étaient écrits de telle façon que cela permettait aux acteurs de s’extraire de l’histoire et de fabriquer leur propre histoire avec leur imaginaire, et d’entrer dans une fiction. Ce n’était pas l’idée de reproduire une histoire que tout le monde connaît, que personne ne connaît, parce que c’est ça aussi que le film fait toucher du doigt : qu’est-ce qu’on sait, qu’est-ce qu’on ne sait pas ? Il y a toujours un mystère dans ce genre de famille. Pour nous, c’était agréable justement d’inventer notre propre histoire.
C’est quand même l’histoire d’une emprise, hein, et c’est très intéressant, les emprises. On peut dire ça, mais on peut aussi dire que ce n’est pas uniquement l’histoire d’une emprise, et que dans cette emprise il y a aussi du plaisir. Il n’y a pas que de la soumission, pas que du rapport de force. Il y a aussi un endroit où il y a une petite vérité dans ce sentiment, il y a de la joie, il y a tout ça. Donc c’est ça qui fait que c’est un peu plus complexe que cela. On ne peut jamais la résumer à une seule définition, et c’est ce que le scénario, et la manière de faire de Thierry Klifa, nous permettaient d’envisager, pas de s’embarquer uniquement dans une direction.
Il y a quand même cette femme toute corsetée qui, tout à coup, va s’abandonner. C’est formidable, et ça change ; elle voit arriver la liberté de ton, d’audace, de fantôme. Mais oui, peut-être qu’elle était plus prête qu’on ne croit à rencontrer cette joie, ce plaisir. On a un peu le sentiment qu’elle était prête à ça. Elle n’était pas non plus, je n’ai pas le sentiment qu’on l’ait fait passer d’un univers complètement carcéral à une explosion de liberté. Non, elle a quand même la liberté que lui donne sa fortune, ses conditions de vie, donc le bien-être que cela lui procure. Mais cela ne lui suffit pas, et c’est ça qui est intéressant aussi.
Alors Laurent, en face de vous, formidable. Oui, formidable, parce qu’il y a une fantaisie, une brutalité aussi, qui est intéressante, dont il ne fait pas l’économie. Il y a ça aussi qui est au travail dans cette histoire. Il n’y a pas de sentiment vraiment tout le temps charmant. On essaie d’aller au-delà des apparences et, en allant au-delà des apparences, évidemment, on bouscule l’ordre établi. C’est ce que fait le personnage de Laurent dans le film, avec une insolence, voilà, et quelque chose de très dérangeant aussi.
C’est ça qu’elle attendait, d’être bousculée, finalement ? Peut-être, mais je ne crois pas qu’on donne de réponse aussi précise à ce à quoi elle s’attendait. Elle attendait certainement d’avoir du plaisir dans sa vie, en tous les cas. Mais ce ne sont pas non plus des questions que je me suis posées tant que ça. Moi, je me suis plutôt attachée à la forme qu’au fond ; c’est toujours un peu le cas quand on fait un film. Finalement, une fois qu’on a décidé de faire un rôle, on essaie de le représenter par une attitude, par la manière de poser les mains, par la manière de regarder. C’est comme ça aussi qu’on trouve le sentiment.
📝 Transcription complète de la vidéo
dans un rôle de femme grande bourgeoise évidemment inspirée de de Liliane Bétoncourt. Qu'est-ce que quand quand Thierry vous a proposé le personnage, qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Ben, je me suis dit que le scénario et les dialogues étaient écrits de telle façon que ça permettait aux acteurs de s'extraire de l'histoire et de fabriquer leur propre histoire avec leur imaginaire et d'entrer dans une fiction. C'était pas l'idée de reproduire une une histoire qu'à la fois tout le monde connaît, que personne connaît parce que c'est ça aussi que le film fait toucher du doigt. Qu'est-ce qu'on sait, qu'est-ce qu'on sait pas ? Euh, il y a toujours un un mystère dans ce genre de famille. Donc euh pour nous, c'était agréable justement de d'inventer notre propre histoire. l'inventer mais c'est quand même l'histoire d'une emprise hein qui est c'est très intéressant les emprises et en plus dans dans votre filmographie vous en avez souvent été des femmes ou sous-prises ou euh vous diriez ça de justement c'est on peut dire on peut dire ça mais on peut aussi dire que c'est pas uniquement l'histoire d'une emprise et que dans dans cette emprise il y a aussi il y a aussi du plaisir il y a pas de soumiss il y a pas que de la soumission il y a pas que du rapport de force. Il y a aussi un endroit où il y a une il y a une petite vérité dans dans ce sentiment, il y a de la joie, il y a tout ça. Donc c'est ça qui fait que c'est un peu plus complexe que ça. On peut pas on peut jamais la résumer à une seule définition et mais c'est ce que encore une fois le scénario et la manière de faire de Thierry Clif nous permettait d'envisager, pas de s'embarquer uniquement dans une direction. Il y a quand même cette femme toute corseté qui tout à coup va s'abandonner. Ça c'est formidable et qui change, qui voit arriver le le la la liberté de ton, d'audace, de de de fantôme. Mais oui, mais peut-être elle était plus prête de ce qu'on croit d'ailleurs à à rencontrer cette joie, ce plaisir. On a un peu le sentiment qu' elle a qu'elle était prête quand même à ça. Elle était pas non plus, j'ai pas le sentiment qu'on l'a fait passer un univers complètement carcéral, une explosion de liberté. Non, elle a quand même la liberté aussi que lui donne sa fortune, ses conditions de vie, donc le bien-être que ça lui procure, mais ça lui suffit pas. C'est ça qui est intéressant aussi. On peut avoir tout ce qu'elle a mais il y a quand même quelque chose qui ne qui ne lui suffit pas et c'est ça qu'elle rencontre tout d'un coup et ce qui lui fait mesurer que elle a pas tout en fait alors qu'elle est supposée avoir tout puisque elle est numéro 1 dans le domaine dans lequel elle est censée être représentée. Alors Laurent en face de vous formidable. Oui. Formidable. Oui oui, parce qu'on a il y a il y a une une fantaisie, une brutalité aussi qui est intéressante hein dont il fait pas l'économie parce que il y a ça aussi qui est qui est au travail dans cette histoire. Il y a pas il y a il y a pas de sentiment vraiment tout le temps charmant. Il y a euh on essaie d'aller au-delà des apparences et en allant au-delà des apparences, évidemment, on on bouscule l'ordre établi et c'est ce que fait le personnage de Laurent dans le film avec une avec une une comment dirais-je le mot m'échappe, une insolence. Voilà et quelque chose de très dérangeant aussi. C'est ça qu'elle attendait d'être bousculée finalement. peut-être bousculer au sens je crois pas je crois pas qu'on donne de réponse aussi trop précise à ce à quoi elle attendait. Euh, elle attendait certainement d'avoir du plaisir dans dans sa vie en tous les cas. Mais enfin, c'est pas non plus des questions que je me suis posé tant que ça. Moi, je me suis plutôt attachée euh à la forme que véritablement au fond, c'est toujours un peu le cas quand on fait un film. Finalement, une fois qu'on a décidé comme ça de faire un rôle, on essaie de le voilà, ça se représente par une attitude, par la manière de poser les mains, par la manière de de regarder. C'est comme ça aussi qu'on qu'on trouve le sentiment. Est-ce que cette affaire dont c'est librement inspiré vous avez frappé à l'époque ? Enfin, j'imagine comme tout le monde et qu'est-ce que vous Oui, enfin comme tout le monde hein. Pour moi, c'était une affaire dont je lisais des des compte-rendus dans la dans la presse. Voilà. Euh et en même temps, c'est une histoire qui peut chacun peut voilà, ça excite aussi les imaginaires. On on essaie de de savoir, c'est ça aussi parce que on on sait bien que quand on lit ou quand on entend des choses que tout n'est pas dit, que il y a forcément une autre vérité voire d'autres vérités derrière ça et on et on le on ne le saura jamais. Alors il y a tous les ingrédients justement cette affaire, elle avait marqué tout le monde. Pourquoi ? parce qu'il y a tous les ingrédients d'une histoire avec l'amour, le sexe, la l'argent, enfin c'est c'est du pain béni, non ? pour ben c'est du pain béni pour un metteur en scène peut-être et parce que les les grands thrillers c'est fait aussi de ça de c'est un mélange à la fois de suspense de scandal de de cruauté il y a tout ça dans c'est éminemment à la fois cinématographique et a théâtral aussi parce que la manière dont par exemple Fentin fait irruption dans sa vie c'est sous l'angle d'une certaine théâtralité justement qui est propre à à à la séduire et ça c'est très important dans le ton film. Alors c'est c'est ce qui est incroyable, c'est qu'aucun personnage n'est laissé en dehors hein. C'est vraiment que ce soit Marina qui joue votre fille mais tout en retenue. On voit rarement Marina comme ça. Oui. Mais pris dans une relation euh d'une évidemment très très difficile à tenir avec sa mère et c'est c'est des moments très très forts du film. la relation entre euh Mariana et moi, entre la mère et la fille avec ce et puis aussi ce personnage de Raphaël Personnage qui je crois dans la la vraie histoire c'était une femme mais qui là pareil apporte énormément à à l'histoire hein. Oui, parce que c'est le c'est le l'œil l'œil intraitable et qui est à la fois sur le côté qui en même temps voit tout et qui dit tout aussi. Je pensais à vous hier parce que je me dis qu'est-ce qu'elle en a fait des grandes bourgeoises corseté coincé Isabelle dans sa carrière. Je la trouve pas tellement corseté elle au départ un petit peu quand même. Oui mais elle oui un petit peu. Donc qu'elle a elle a l'attitude un peu comme ça d'une certaine d'une certaine classe mais euh je sais pas si elle est véritablement corsétée. Et finalement comment vous travaillez vous ? Est-ce que vous quand vous me parliez de la gestuelle dans cette façon ? très chouette la la scène de la photo par exemple. Là aussi, on se dit vous qui êtes toujours devant les photos, il faudra ça tient à quoi justement le fait que ce garçon et et ce cet œil mais tout d'un coup il la regarde aussi donc peut-être elle a pas tellement tant l'habitude que ça d'être d'être regardé. Pour moi ça encore une fois ça a tenu à à très peu de choses. Chantal laermane grande cinéaste on lui demandait comment vous trouvez les rôles ou comment vous les faites trouver. Elle dit, elle disait "In my shoes." Alors moi, c'est pas tellement dans mes chaussures mais c'est plutôt dans la manière de poser les par exemple c'est jamais quelqu'un qui va se tordre les mains. C'est déjà un signe de faiblesse ou de de non, il y a il y a quelque chose qui est voilà qui est suffisamment fort en elle pour qu'elle ait les mains toujours très calmes. Par exemple, pourquoi vous aimez le la la vision de Thierry Cliffa ? Peut-être parce que c'est aussi un journaliste au départ qui connaît bien les acteurs. Qu'est-ce qu'il Parce que il a je trouve c'est une vision alors objective, je sais pas, il y a il y a pas d'objectivité dans ce genre de sujet mais en tous les cas il nous entraîne pas sur la pente un peu dangereuse du du sentimentalisme, peut-être un peu du mélodrame, mais ça n'est pas la même chose. Il y a une ce matin à la conférence de presse, il parlait du ton un peu de la farce. J'aime bien la manière dont il fait cohabiter ce il y a aussi une exagération euh la plupart du temps et voilà, il y a un ton dans le film que je trouve vraiment intéressant et qui euh qui évite qu'on tombe dans une histoire trop trop précise au trop premier degré. C'est la bonne manière je pense qu'il avait de traiter cette histoire. Et on rit énormément. Vous avez entendu hier c'est la salle riait parce que c'est parce que c'est ça aussi et c'était pas facile j'imagine de de d'avoir bon ça on essaie enfin c'était pas non plus une on le on le on le prévoit pas forcément on faisait pas tout pour que les gens rient mais il y a quelque chose dans les situations dans les dialogues qui fait que finalement les gens rient et nous on sait pas on s'est forcé pas forcément d'être drôle mais c'est le dispositif encore une fois de la mise en scène le rythme qui fait que les situations sont tellement peut-être aussi extravagantes. Enfin, en tous les cas ce que parce que le public il peut-être il arrive en en connaissant en croyant connaître certaines choses. Alors quand effectivement, il fallait m'être librement inspiré puisque il y a encore des personnages et par respect aussi pour la famille, je repensais à Bier donc je voulais pas que que vous Laurent je je je pensais qu'il était décédé pour ma part. il est encore vivant. Et je demanderai à Laurent, mais comment vous l'avez imaginé vous euh enfin comment Laurent et vous vous avez travaillé là-dessus sur ce rapport ? Mais encore une fois, je crois que l'intérêt et le la et l'envie et le plaisir qu'on a eu à faire le film, c'est vraiment de se de s'en emparer comme du d'une pure fiction. Moi, j'ai absolument pas à penser. Je pense que j'ai peu de poids commun avec le personnage dont on parle. Marina Faust non plus. C'est vraiment euh quelque chose qu'on a laissé sur le bord de la route très vite pour pour nous donner le plus de liberté possible. Encore une fois, sinon on aurait été alors là pour le coup très corseté dans quelque chose sur lequel on avait aucune maîtrise et qui n'aurait fait que nous que nous gêner que et que nous enlever du plaisir à faire le film. S'il y a juste le l'argent, ça aussi c'est c'est c'est un sujet de de comédie et de et de tragédie. L'argent en fait, finalement, c'est c'est le n de la guerre dans l'histoire quand même. Disons l'argent, oui, c'est la puissance. Voilà, la puissance elle peut être représentée par l'argent, elle peut être représentée par autre chose, par le par le pouvoir. C'est sont des c'est le portrait quand même d'un groupe de gens qui a la qui a la puissance. Donc c'était intéressant de s'introduire un peu là-dedans et puis de voir comment ce qui se cache derrière, comment ça fonctionne et comment on peut un peu le le faire le fragiliser aussi. Je je reviens sur votre carrière chère Isabelle, mais comment vous donnez votre votre feu vert ? Vous sentez vous sentez la chose ? C'est la dernière question. Vous sentez Oui, vous dites voilà, vous avez le bon expérience mais enfin je sors il y a quand même des choses quand même suffisamment d'éléments pour me il y a une partie un peu qui n'est pas qui est instinctive et une partie qui est tout à fait raisonnée. C'est un mélange des deux. Qu'est-ce qu'on vous souhaite alors pour cette année 2025 qui a bien commencé ? Ben, on me souhaite aussi bah je sais pas que que ça aille toujours aussi bien puis que le monde aille un petit peu mieux aussi quand même.
Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur — 19/05/2025, 11:41
Commentaires 12
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Et un milliard de kopeks pour the rouquemoute 😂😂😂😂
On ne peux pas dire que elle n'est pas très jolie, plutôt quelconque..même si bonne actrice..le commentaire disparaît..
J'aimerais la revoir dans des roles moins serieux ou elle excelle en faisant rire❤
Excellente a try mais comme telle tourne entre deux et trois film par an elle adore son métier mais faut faire un choix selon les sujets
Brillante et fascinante actrice
La journaliste !!! 😮 Une journaliste quoi!
Magnifique Isabelle Huppert ❤ impatient de voir le film au cinéma 😊
J' ADORE!!!! ❤❤❤❤
Femme intelligente, libre, cultivée qui sait les nuances: l’emprise est de part et d’autre.
Brillante et toujours précise dans son rôle d'actrice ! Parfaite!
Huppert et Betancourt. On ne voit pas le rapport……😅😅😅😅😅😅
Isabelle Huppert toujours passionnante à écouter. Quelle finesse, quelle acuité et quelle lucidité. Elle nous manquait un peu !