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« Inacceptable » : Sébastien Delogu (LFI) critique la gestion de l’incendie de l’Estaque à Marseille

C’était le 8 juillet 2025, un incendie ravageait une partie du quartier de l’Estaque, à Marseille. Un an après, les riverains, pour certains ayant tout perdu, se sentent abandonnés. Le député de la circonscription, Sébastien Delogu, en appelle à l’État…

« Inacceptable » : Sébastien Delogu (LFI) critique la gestion de l’incendie de l’Estaque à Marseille
Vidéo : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

C’était le 8 juillet 2025, un incendie ravageait une partie du quartier de l’Estaque, à Marseille. Un an après, les riverains, pour certains ayant tout perdu, se sentent abandonnés. Le député de la circonscription, Sébastien Delogu, en appelle à l’État dans un courrier de 15 pages adressé au Premier ministre. Les explications d’Arnaud Delaire.

Le 8 juillet 2025 est une date marquée au fer rouge dans la mémoire des riverains de l’Estaque. C’est le jour où le feu est entré dans leur vie, jusque dans leur foyer. Ce jour-là, 71 maisons sont partiellement ou totalement brûlées. Elles sont depuis inhabitables. Plus d’un an après, la colère des sinistrés est intacte. Ils fustigent la gestion de la crise par l’ancien préfet et se disent abandonnés par l’État. Pourquoi les pompiers ne sont-ils pas intervenus pour les sauver ? Pourquoi aucun moyen aérien n’a-t-il été déployé sur le secteur ? Des questions auxquelles les victimes n’ont, à ce jour, trouvé aucune réponse de la part des autorités.

Alors, pour en obtenir, Sébastien Delogu, député des quartiers nord de Marseille, s’est adressé au Premier ministre. Elles demeurent confrontées à l’absence de réponse complète, à des blocages assurantiels, à une reconstruction retardée et à une forte précarité. Le député demande, je cite, « une réponse coordonnée de l’État ainsi que la création d’un comité local d’aide aux victimes et la communication intégrale des documents administratifs et opérationnels sur la gestion de la crise par la préfecture ».

« Mais tout simplement pour ne pas que les événements de cet été effacent les événements de l’année dernière à l’Estaque. Vous avez près de 100 familles qui ont aujourd’hui tout perdu, maison, vêtements, souvenirs, et qui retrouvent que leur colère n’a absolument pas bougé. Maintenant, ils se retrouvent dans l’indignation. »

« Vous avez, en parallèle, des annonces ministérielles où on annonce des centaines de millions d’euros qui vont être débloqués, des permis de construire qui vont être débloqués en un mois. Et en face, vous avez l’Estaque, en Gironde, hein. Tout à fait. Et vous avez l’Estaque qui aujourd’hui n’est pas considérée, pas traitée, comme vous l’avez dit, avec le comité local d’aide aux victimes qui a été accepté, mais qui n’a pas été mis en place. Et tout ça, c’est inacceptable. »

« Ce qui est certain, c’est que le silence fabrique le soupçon. Vous avez la commission d’accès aux documents administratifs qui a donné un avis favorable pour donner justement ces documents. Et puis, ces documents, on les attend, et on ne les a pas. Vous avez un collectif qui s’est transformé en association et qui, maintenant, attend des résultats. Et vous avez toutes les plaintes qui ont été déposées par les victimes qui ont été classées sans suite. Donc, ces gens-là sont complètement abandonnés. Et pour moi, ce n’est absolument pas normal. »

« Il y a eu quelque chose qu’il faut éclaircir. Moi, je ne suis pas là pour dresser un jugement quelconque. Ce qui m’intéresse, c’est de voir ce que tout le monde a vu, c’est-à-dire que vous avez des personnes qui, avec des seaux, ont éteint le feu et qui n’ont jamais vu les pompiers. Donc, il y a un commandement. Il y a une main courante, heure par heure, minute par minute, qui doit être aujourd’hui montrée aux habitants et aux citoyens pour plus de clarté et pour qu’on puisse savoir réellement ce qui s’est passé ce jour-là. »

« Dès lors qu’on aura la main courante, minute par minute, des pompiers, nous allons effectivement savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là. Ça a ravagé 700 hectares des Pennes-Mirabeau jusqu’à l’Estaque. Donc maintenant, on a besoin d’avoir des comptes, et c’est pour ça que l’association aujourd’hui a pris des avocats, des avocats qui, aujourd’hui, demandent des comptes, des pièces justificatives qu’ils n’obtiennent pas. Et c’est pour ça que, par le biais de mon mandat, qui normalement est d’écrire la loi et de contrôler l’action gouvernementale, j’ai demandé au Premier ministre des comptes, tout simplement. »

« Tout à fait, c’est dans mon droit, oui. » « Si c’est le cas, déjà, on va saisir le tribunal administratif pour avoir les éléments. Mais aussi, vous avez peut-être entendu Manuel Bompard qui dépose donc une enquête parlementaire sur justement la gestion des risques des incendies, et j’ai entendu que le gouvernement était en train de préparer un budget sur la sécurité civile. Donc mon rôle sera de déposer des amendements et de faire parler surtout les Marseillaises et les Marseillais, les personnes de l’Estaque qui aujourd’hui ont tout perdu, pour leur donner de la visibilité et défendre les miens, tout simplement. Merci beaucoup, Sébastien Delogu, député LFI du département des Bouches-du-Rhône. Merci d’être venu sur notre plateau. »

📝 Transcription complète de la vidéo

C'était le 8 juillet 2025, un incendie ravageait une partie du quartier de l'Estaque à Marseille. Un an après, les riverains qui pour certains ont tout perdu se sentent abandonnés. Le député de la circonscription, Sébastien Delogu, en appelle à l'État dans un courrier de 15 pages adressé au Premier ministre. Les explications d'Arnaud Delaire. Le 8 juillet 2025, c'est une date marquée au fer rouge dans la mémoire des riverains de l'Estaque. C'est le jour où le feu est entré dans leur vie, jusque dans leur foyer. Ce 8 juillet 2025, 71 maisons sont partiellement ou totalement brûlées. Elles sont depuis inhabitables. Plus d'un an après, la colère des sinistrés est intacte. Ils fustigent la gestion de la crise par l'ancien préfet et se disent abandonnés par l'État. Pourquoi les pompiers ne sont pas intervenus pour sauver leurs ? Pourquoi aucun moyen aérien n'a été déployé sur le secteur de ? Des questions auxquelles les victimes n'ont à ce jour trouvé aucune réponse de la part des autorités. Alors pour en obtenir, Sébastien Delogu, député des quartiers nord de Marseille, s'est adressé au Premier ministre. Elles demeurent confrontées à l'absence de réponse complète, à des blocages assurantiels, à une reconstruction retardée et à une forte précarité. Le député demande, je cite, "une réponse coordonnée de l'État ainsi que la création d'un comité local d'aide aux victimes et la communication intégrale des documents administratifs et opérationnels sur la gestion de la crise par la préfecture." Vous avez tout bien résumé. Bien résumé. Bonsoir Sébastien Delogu. Pourquoi est-ce que vous en appelez à ? Est-ce que c'est l'État qui est responsable de l'ampleur des incendies et de la situation dans laquelle sont confrontés encore aujourd'hui les ? Mais tout simplement pour pas que les événements de cet été effacent les événements de l'année dernière à l'Estaque. Vous avez près de de de de 100 familles qui ont qui ont aujourd'hui tout perdu, maison, vêtements, souvenirs et qui euh retrouvent bah que leur colère n'a absolument pas bougé. Maintenant, ils se retrouvent ils se retrouvent dans l'indignation. Vous avez, en parallèle, euh des annonces ministérielles où on annonce des centaines de millions d'euros qui vont être débloqués, des permis de construire qui vont être débloqués en 1 mois. Et en face, vous avez euh l'Estaque. en Gironde, hein. Tout à fait. Et vous avez l'Estaque qui euh aujourd'hui n'est pas considérée, pas traitée, comme vous l'avez dit, avec le comité local d'aide aux victimes qui a été accepté, mais qui n'a pas été mis en place. Et tout ça, c'est inacceptable Euh vous demandez un droit à la vérité. Vous écrivez que des pièces déterminantes aux ordres de commandement et aux euh bilans d'intervention euh des euh secours n'ont pas été apportées au dossier. Est-ce que, à votre avis, c'est alors que vous les aviez demandées, euh enfin les associations de victimes les avaient demandées. Est-ce que c'est, à votre avis, c'est un oubli ? Ben, en tout cas, ce qui est certain, c'est que le silence fabrique le soupçon. Et vous avez euh la commission d'accès aux documents administratifs qui a été donnée favorable pour donner, justement, ces documents. Et puis, ces documents, on les attend. Et on les a pas. Et puis, vous avez euh un collectif qui s'est transformé en association et qui, maintenant, attend des résultats. Et vous avez toutes les plaintes qui ont été déposées par les victimes qui ont été classées sans suite. Donc, ces gens-là sont complètement abandonnés. Et pour moi, c'est absolument pas normal. Et c'est pour ça que j'ai fait cette demande au au Premier ministre. Ouais, dans cette lettre en 15 pages, hein, qui est très euh circonstanciée, vous évoquez le fait qu'il y a des secteurs entiers de l'Estaque qui euh sont restés euh quasiment à l'abandon le le 8 juillet, alors que les flammes encerclaient les les les habitations. Et malgré les appels au secours, les secours sont arrivés euh très très tard. Qu'est-ce qui s'est ? Il y a eu ? C'est ça qu'il faut éclaircir. Moi, je suis pas là pour euh dresser euh un jugement quelconque. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de voir ce que tout le monde a vu, c'est-à-dire que vous avez des personnes qui ont avec des seaux éteint le feu et qui n'ont jamais vu les pompiers. Donc, il y a un commandement. Euh il y a une main courante heure par heure, minute par minute, qui doit être, aujourd'hui, euh montrée aux habitants et aux citoyens pour plus de clarté et pour qu'on puisse savoir réellement ce qui s'est passé ce jour-là. Vous l'avez évoqué un 120 plaintes classées sans suite, pas de responsabilité, c'est-à-dire que le propriétaire de de la voiture d'où était parti le feu euh ben aucun lien n'a été établi. Qu'est-ce qu'il faut ? Il faut rouvrir une ? Faut à nouveau revenir sur ces ? C'est bien pour ça qu'on demande des comptes parce que dès lors qu'on aura le la main courante minute par minute des pompiers, nous allons effectivement savoir ce qu'il s'est passé ce jour-là. Ça a ravagé euh euh 700 hectares des Pennes-Mirabeau jusqu'à l'Estaque. Donc bon maintenant, on a besoin d'avoir des comptes et c'est pour ça que l'association aujourd'hui a pris des avocats, des avocats qui euh aujourd'hui demandent des comptes, des pièces justificatives qu'ils n'obtiennent pas et c'est pour ça que par le biais de mon mandat qui normalement est d'écrire la loi et de contrôler l'action gouvernementale, j'ai j'ai j'ai demandé au Premier ministre des comptes, tout simplement. également une réunion ministérielle avec la présence du du préfet sous sous 15 jours euh Tout à fait, c'est dans mon droit, oui. la cadiez ou vous faites ? Ben si c'est ben déjà on va saisir le tribunal administratif pour avoir les éléments mais aussi vous avez peut-être entendu Manuel Bompard qui donc dépose une enquête parlementaire sur justement la gestion des risques des incendies et j'ai entendu que le le le gouvernement était en train de préparer un budget sur la sécurité civile et donc mon rôle sera de déposer des amendements et de faire parler surtout les les Marseillaises et les Marseillais, les personnes de l'Estaque qui aujourd'hui ont tout perdu pour leur donner de la visibilité et défendre les miens tout simplement. Merci beaucoup Sébastien de vous député LFI du département des des Bouches-du-Rhône. Merci d'être venu sur notre plateau.

Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

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