Jean Eustache, le cinéaste maudit de Narbonne, entre récompense au Festival de Cannes et tragédie personnelle
Jean Eustache reste associé à une œuvre singulière, nourrie par une sensibilité littéraire et par une vie intérieure tourmentée. Son film « La Maman et la Putain », sorti en 1972, a marqué les esprits par sa durée, son noir…
Jean Eustache reste associé à une œuvre singulière, nourrie par une sensibilité littéraire et par une vie intérieure tourmentée. Son film « La Maman et la Putain », sorti en 1972, a marqué les esprits par sa durée, son noir et blanc et ses longs dialogues, au point d’être souvent regardé comme un grand roman filmé. Cette œuvre lui a valu le Grand Prix du Festival de Cannes en 1973, mais n’a pas ouvert la suite espérée dans sa carrière.
Né à Pessac en 1938, il a connu une partie de son adolescence à Narbonne, où il a rejoint sa mère en 1951. Cette période a laissé une empreinte durable dans son parcours et dans ses films. Avant de s’installer à Paris en 1957, il y obtient un CAP d’électricien et fréquente ensuite la Cinémathèque française, tout en traversant une période difficile pendant la guerre d’Algérie.
Son lien avec Narbonne se retrouve dans plusieurs de ses réalisations. Après ses premiers films au début des années 1960, il revient dans la ville et s’installe place des Quatre-Fontaines, où une plaque rappelle encore son passage. « Le Père Noël a les yeux bleus », tourné avec Jean-Pierre Léaud, s’inscrit aussi dans ce décor narbonnais, tout comme « Mes Petites Amoureuses », qui puise une nouvelle fois dans ses souvenirs de jeunesse.
Le cinéaste est mort le 5 novembre 1981 après un accident, à l’âge de 42 ans. Le texte le décrit comme un artiste maudit, et rapporte qu’il a laissé sur sa porte cette phrase : « Frappez fort. Comme pour réveiller un mort ».
Source : lindependant.fr
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