La justice française qualifie de « crimes contre l’humanité » les rafles du Vieux-Port de 1943
À la sortie de cette réunion de procédure historique, beaucoup d’émotion pour les victimes encore vivantes. « C’est la souffrance qui a été reconnue. J’ai une émotion extraordinaire. Je n’ai pas dormi de la nuit pour attendre cette matinée-là. »…
À la sortie de cette réunion de procédure historique, beaucoup d’émotion pour les victimes encore vivantes. « C’est la souffrance qui a été reconnue. J’ai une émotion extraordinaire. Je n’ai pas dormi de la nuit pour attendre cette matinée-là. »
Le 24 janvier 1943, l’un des jours les plus sombres de l’histoire de Marseille : l’opération Sultan. Sur ordre personnel d’Himmler, le chef des SS, 20 000 personnes sont délogées de force du quartier Saint-Jean, sur le Vieux-Port. Cela suit une destruction totale des habitations. « Moi, j’avais 9 ans. Je me rappelle de ceux qui sont venus nous déloger et nous dire de partir sans rien. C’était tôt le matin et ils nous ont fait évacuer sans rien. » « Vous aviez quel âge ? » « J’avais 12 ans. »
Des faits documentés, mais l’enquête a permis de confirmer 1 600 déportations, dont 600 personnes envoyées en Allemagne. Une rafle colossale, selon le procureur du parquet national antiterroriste, compétent en la matière. Il qualifie de crime contre l’humanité cette tragédie, reconnaissance réclamée par les survivants et leurs descendants. « Le crime contre l’humanité, c’est le degré de crime le plus élevé qui existe. Tous les faits, encore une fois, commis d’arrestation, d’expulsion, de destruction, de déportation ensuite vers les camps de concentration ou d’extermination, notamment pour les personnes de religion juive, entrent tout à fait dans cette notion de crime contre l’humanité. »
« Vous êtes heureuse ? » « Je suis très heureuse, très heureuse pour elle, et évidemment pour la descendance qui m’accompagne. » Plus de 83 ans après les faits, l’enquête n’a pas permis d’identifier des responsables encore vivants, mais la qualification ouvre la voie à une réparation morale. « La justice française vient de dire qu’il y a eu crime contre l’humanité à Marseille en 1943. Il revient désormais au chef de l’État d’affirmer cela et d’affirmer la responsabilité de l’État. » Ce serait une réparation symbolique, morale, attendue par toutes les victimes. L’histoire reste méconnue de Marseille. Tout le monde espère que cette rafle entrera dans les livres d’histoire pour ne pas oublier.
📝 Transcription complète de la vidéo
À la sortie de cette réunion de procédure historiques, beaucoup d'émotions pour les victimes encore vivantes. C'est la souffrance madame qui a été reconnu. Voyez, j'ai une émotion extraordinaire. Je lui dis, je n'ai pas dormi dans la nuit pour attendre cette matinée-là. Voilà. Le 24 janvier 1943, un des jours les plus sombres de l'histoire de Marseille. L'opération sultan. Sur ordre personnel d'Himler, [musique] le chef des SS, 20000 personnes sont délogées de force du quartier Saint-Jean sur le vieux port. Ça suit une destruction [musique] totale des habitations. Moi, j'avais 9 ans. Je me rappelle de ceux qui sont venus nous déloger et nous dire de partir sans rien. C'était tôt le matin et ils nous ont fait évacuer sans rien tout ça partir. Vous aviez quel âge ? Et voilà. Vous aviez j'avais 12 ans. Des faits documentés mais l'enquête a permis de confirmer 1600 déportations dont 600 personnes envoyées en Allemagne. Une rafle colossale selon le procureur du parquet national antiterroriste compétant la matière. Il qualifie de crime contre l'humanité cette tragédie. reconnaissance réclamée par les survivants et leurs descendants. Le crime contre l'humanité, c'est le degré de crime le plus élevé euh qui existe. Tous les fait encore une fois euh commis de d'arrestation, d'expulsion, de destruction, de déportation ensuite vers les concentrations ou d'extermination pour notamment les personnes de religion juives entre tout dans cette notion de de crime contre l'humanité. Vous êtes heureuse ? Je suis très heureuse, très heureuse pour elle et pour elle et évidemment pour la descendance qui me qui m'accompagne. Plus de 83 ans après les faits, l'enquête n'a pas permis d'identifier des responsables encore vivants, mais la qualification ouvre la voie à une réparation morale. La justice française vient de dire il y a eu crime contre l'humanité à Marseille en 1943. Il revient désormais au chef de l'État d'affirmer cela et d'affirmer la responsabilité de l'État. Ce serait une réparation symbolique, morale qui est attendue par toutes les victimes. L'histoire reste mécognure de Marseille. Tout le monde espère que cette rafle entrera dans les livres d'histoire pour ne pas oublier.
Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur
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