MEDITERRANEO – Au Portugal l’art du filigrane, une vieille tradition méditerranéenne
Transformé en minuscules fils d’or, le filigrane portugais devient une véritable œuvre de dentelle métallique. Hérité de traditions anciennes venues du bassin méditerranéen et de l’Orient, cet artisanat se pratique aussi en Espagne, en Italie, en Inde ou au Moyen-Orient.…
Transformé en minuscules fils d’or, le filigrane portugais devient une véritable œuvre de dentelle métallique. Hérité de traditions anciennes venues du bassin méditerranéen et de l’Orient, cet artisanat se pratique aussi en Espagne, en Italie, en Inde ou au Moyen-Orient. Mais au Portugal, il est devenu bien plus qu’un savoir-faire : un emblème culturel façonné par des générations d’artisans.
Le fil est d’une extrême finesse, et sa mise en place dans la structure demande de l’habitude. Pour ces bijoutiers, trouver le juste positionnement requiert une certaine pratique. C’est un peu comme faire du vélo : au début, c’est plus difficile, principalement pour la tension. Il faut donner la bonne tension pour que ça ne saute pas et que ce soit bien ajusté. Ensuite, avec le temps, tout devient très naturel. C’est presque comme un puzzle. Adéline Suarez transmet la tradition familiale à ses employés. À l’intérieur de la structure métallique, les fils d’or ou d’argent sont façonnés en forme de s, de spirale, d’escargot ou de cornes d’abondance. Les possibilités sont infinies pour créer des bijoux ou des pièces plus importantes. Du remplissage à la soudure, les jeunes employés effectuent toutes les étapes du processus. Il leur faudra quelques années pour atteindre le niveau d’excellence et maîtriser toute la technique.
À quelques kilomètres de Porto, Gondomar est l’un des berceaux du filigrane au Portugal et, aujourd’hui, son cœur battant. Au commencement, il y a le métal en fusion et ces gestes répétés par Adéline Suarez et sa famille depuis des décennies. Puis vient le long processus de laminage et de tréfilage pour donner à ces barres de métal la légèreté et la finesse indispensables. Bien sûr, il faut le rendre plus fin, car la certification exige un maximum de 0,18 mm. Sandra Almeida possède une collection de 60 bijoux, notamment des cœurs de Viana, pièce emblématique du filigrane portugais. Elle a été pendant 12 ans conseillère municipale de Gondomar, chargée entre autres du patrimoine. Patricia, sa fille, ne possède pas ses propres bijoux en filigrane, mais elle a libre accès aux écrins de sa mère. Pour attirer les jeunes vers la profession et éviter que l’art du filigrane ne se perde, l’école de bijouterie Sindor a vu le jour à Gondomar en 1985. 2500 personnes s’y forment chaque année. Joan Alves, elle, entend dépoussiérer le filigrane avec la flamme de sa jeunesse. Diplômée de design graphique, elle fourmille d’idées pour bousculer le monde feutré de la bijouterie.
À la semaine de la mode de Lisbonne, le filigrane s’est évadé du strict univers de la bijouterie. Omniprésent dans la collection de Francisca Canabinho, il est présenté à Lisbonne dans l’un des temples du filigrane portugais. Les pièces, dessinées par Francisca et réalisées par des artisans portugais, reflètent une nostalgie de l’enfance et un contraste très intéressant entre création et technique traditionnelle. La journaliste Fatima Lopez est gérante du groupe Valeur du temps, qui met en valeur l’artisanat portugais. Le filigrane est de plus en plus connu en dehors du Portugal, et chaque fois qu’une pièce est présentée à quelqu’un qui n’est pas portugais, la réaction est toujours la même : waouh, qui fait ça ?
Très loin de Londres, dans la campagne de Gondomar, c’est traditionnellement à domicile que les remplisseuses tissaient leur art. Quelques-unes le font toujours, comme Elsa, qui est tombée dans le filigrane dès son plus jeune âge. Pour préserver le savoir-faire traditionnel et l’authenticité, Sandra Almeida dirige l’association Afi, l’âme du fil. L’un des objectifs est de faire entrer le filigrane portugais au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Chaque année, au mois d’août, Viana do Castelo, dans le nord du Portugal, accueille la procession de la mort d’Omi. Environ 500 y défilent en habit traditionnel, portant fièrement au cou les cœurs en filigrane qui font la renommée de la ville.
📝 Transcription complète de la vidéo
Transformé de minuscules fils d'or en véritable œuvre de dentelles métalliques, c'est tout l'art du filigrane portugais. Hérité de traditions anciennes venues du bassin méditerranéen et de l'Orient, cet artisanat se pratique aussi en Espagne, en Italie, en Inde ou au Moyen-Orient. Mais au Portugal, il est devenu bien plus qu'un savoir-faire, un emblème culturel façonné par des générations d'artisans. Le fil est d'une extrême finesse. Sa mise en place dans la structure également. Pour ces bijoutiers, trouver le juste positionnement requiert une certaine habitude. C'est un peu comme faire du vélo, n'est-ce pas ? Avec le temps, tout devient plus facile. Au début, bien sûr, c'est plus difficile principalement pour la tension. Donner la bonne tension pour que ça ne saute pas et que ce soit bien ajusté. Mais ensuite, avec le temps, tout devient très naturel. C'est presque comme un puzzle. Adéine Suarez. Alors Philippa, qu'est-ce que tu fais ? Toi aussi tu fais une partie de l'escalier et ça se passe bien. Transmet la tradition familiale à ses employés. À l'intérieur de la structure métallique, les fils d'or ou d'argent sont façonnés en forme de s, de spirale, d'escargot ou de cornes d'abondance. Les possibilités sont infinies pour créer des bijoux ou des pièces plus importantes. Du remplissage à la soudure, les jeunes employés effectue toutes les étapes du processus. Il leur faudra quelques années pour réussir à atteindre le niveau d'excellence et maîtriser toute la technique. Pouvoir travailler sur n'importe quel type de pièce sans difficulté. À ce moment-là, ils vont atteindre un autre niveau de compétence. Naturellement, mais pour l'instant il faut du temps, de la persévérance, du bon goût et de la patience. Beaucoup de patience et beaucoup de volonté. À quelques kilomètres de Porto, Gondomar est l'un des berceaux du filigrane au Portugal et aujourd'hui son cœur battant. Au commencement, il y a le métal en fusion et ces gestes répété par Adéline au Suarez et sa famille depuis des décennies. Et puis il y a le long processus de laminage et de tréfilage pour donner à ces barres de métal la légèreté et la finesse indispensable. Bien sûr, nous devons le rendre plus fin car la certification exige un maximum de 0,18 mm. Nous arrivons aussi à travailler le fil avec des variations entre 0,16 et 0,18. formé par son père. En ce moment, je suis en train de remplir un cœur. Adéline Suarez connaît et pratique toutes les étapes de la création de ces bijoux qui à l'origine était très modeste. Le pays était pauvre. Il n'y avait pas beaucoup de richesse et cette technique s'est donc développée. Travailler ces fils très fins pour créer des bijoux avec du volume en utilisant peu d'or. C'est de là que vient le travail de ces fils. Ces fils fins permettaient de fabriquer un bijou. Ainsi même les personnes modestes pouvaient posséder un bijou car il ne fallait pas beaucoup d'or pour le fabriquer. Même s'il en faut peu pour un bijou, ici les coffres regorgent d'or. Je crois que je ne te l'ai jamais dit, mais le cœur doit être placé avec la pointe tournée vers le côté du cœur. Ah, je ne le savais pas. C'est curieux. C'est la grande différence et la particularité de ce cœur, c'est qu'il est double. Sandra Almeida possède une collection de 60 bijoux, notamment des cœurs de Viana, cette pièce emblématique du filigrane portugais. Elle a été pendant 12 ans conseillère municipal de Gondomar, chargé entre autres du patrimoine. Moi, je porte presque tous les jours du filigran. Ces bijoux, bien sûr, je ne les porte que lors de moments importants, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Cette patient remonte environ 10 ans. Quand j'ai pris mes fonctions à la municipalité de Gondomar et que j'ai découvert le processus de fabrication du filigran, j'en suis tombé amoureuse et je suis tombé amoureuse des artisans. Patricia, la fille de Sandra, ne possède pas ses propres bijoux en filigrane, mais elle a libre accès aux écrans de sa mère. C'est un goût transmis par ma mère. Je ne les porte pas tous les jours comme elle. Mais peut-être qu'un jour, le moment venu, je porterai les pièces les plus importantes comme elle. Pour attirer les jeunes vers la profession et pour éviter que l'art du filigrane ne se perde, l'école de bijouterie Sindor a vu le jour à Gondomar en 1985. 2500 personnes se forment ici chaque année. 11 mois de tron commun puis une spécialisation en filigrane par exemple. Effectivement, comme pour tout dans la vie, il est très important que les jeunes apprennent les techniques ancestrales et les perpétu. Notre objectif est d'innover dans la tradition. Nous savons que la tradition est importante, mais nous comprenons aussi qu'il existe de nouvelles attentes, de nouveaux marchés. et de nouvelles tendances de consommation. Joan Alves a bien l'intention de dépoussiérer le filigrane avec la flamme de sa jeunesse. Un diplôme de design graphique déjà en poche, elle fourmit d'idées pour venir bousculer le monde feutré de la bijouterie. Je pense que je n'aimerais peut-être pas seulement appliquer le filigrane à de la joerie classique comme les bagues ou les bracelets. J'aimerais essayer d'appliquer le filigrane à d'autres choses, peut-être à des livres ou à des œuvres d'art que l'on peut voir. Je pense que le filigrane a beaucoup de potentiel au-delà des bagues et des colliers. Il y a encore beaucoup à découvrir et j'aimerais explorer cela davantage. [musique] Diadème. Accessoir lors de la semaine de la mode de Lisbonne, le filigrane s'est évadé du strict univers de la joillerie. [musique] Omniprésent dans la collection de Francis Canab. Ce jour-là, la jeune styliste de 25 ans vient présenter ses créations à Lisbonne dans l'un des temples du filigrane portugais. Bonjour. Bonjour. Tout va bien ? Fatima, tu as apporté des petites pièces ? Oui, j'ai ici un petit sac avec quelques-unes de mes créations. Waouh ! Des pièces dessinées par Francisca et réalisées par des artisans portugais. Tu as fait beaucoup d'étoiles. Quelle était ton inspiration ? C'était la nostalgie de l'enfance. La joerie m'a permis d'explorer cet univers avec une technique très traditionnelle. Cela créé un contraste très intéressant. Pour refléter au mieux l'excellence du filigran, Francis Canabinho a travaillé en collaboration avec les meilleurs artisans afin de réaliser ces objets hors du commun. Je suis toujours attentive à l'artisanat car j'aime l'intégrer dans mon travail en tant que designer. Je travaille beaucoup avec des matériaux et des techniques anciennes et traditionnelles. Donc découvrir le filigrane pour les bijoux a été une combinaison parfaite. La journaliste Fatima Lopez est gérie du groupe Valeur du temps qui au travers de plusieurs marques met en valeur l'artisanat portugais. Le filigrine est de plus en plus connu en dehors du Portugal. Au Portugal, tout le monde le connaît, mais à l'étranger, beaucoup de gens ne connaissent pas cet art. Et chaque fois que nous présentons une pièce de filigrane à quelqu'un qui n'est pas portugais, la réaction est toujours waouh, qui fait ça ? C'est ce travail que nous faisons aujourd'hui, faire connaître le filigrane dans le monde pour entendre encore plus souvent ce waouh. [rires] Ce joellier britannique en visite dans la boutique est plutôt admiratif. Si l'art du filigrane ne se limite pas au Portugal, les bijoux qu'il a pu découvrir ce matin-là ont dépassé toutes ses attentes. C'est plus raffiné que ceux à quoi je m'attendais. J'avais vu des réalisations en Angleterre mais pas aussi belles que celle-ci. [cloche] Très loin de Londres, [cloche] dans la campagne de Gondomar, c'est traditionnellement à domicile que les remplisseuses tissaient leur art. Quelques-unes le font toujours comme Elsavidao tombait dans le filigrane dès son plus jeune âge. Le filigrane, quand ma grand-mère en faisait, je m'asseyais à côté d'elle. Je prenais les outils, j'ai essayé d'apprendre cette art. J'ai appris très jeune. J'avais 8 ans quand j'ai commencé à travailler. De 8 à 14 ans, j'ai travaillé dans le filigrane. Ensuite, j'ai suivi un autre chemin. Puis je suis revenue au filigrane à mes 40 ans. Pour préserver le savoir-faire traditionnel et l'authenticité, Sandra Almeida dirige l'association Aufi l'âme du fil. L'un des objectifs est de faire entrer le filigrane portugais au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Il existe peu de produits classés par l'UNESCO. Ce serait donc une immense fierté que le filigrane, cet art emblématique du Portugal, soit reconnu comme patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Cela apporterait encore plus de protection et d'attention à ceux qui pratiquent cet art et à ceux qui l'achètent. Chaque année au mois d'août, Viana de Castello dans le nord du Portugal accueille la procession de la mort d'Omi. Environ 500 y défilent un habit traditionnel portant fièrement au cou les cœurs en filigrane qui font la renommée de la ville. C'est paraît-il la plus vaste exposition d'or en plein air au monde ?
Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur
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