Il est le dernier à avoir travaillé avec Alain Delon, rencontre avec le réalisateur Jérôme Bermyn
La rentrée, en septembre 2020, a donné envie de faire un documentaire sur l’artiste, l’écrivain, le comédien de Gaulle, qui se servait de l’art pour asseoir son pouvoir et porter la grandeur de la France. Il s’agissait de lire, de…
La rentrée, en septembre 2020, a donné envie de faire un documentaire sur l’artiste, l’écrivain, le comédien de Gaulle, qui se servait de l’art pour asseoir son pouvoir et porter la grandeur de la France. Il s’agissait de lire, de porter par la voix les fameux textes des Mémoires du général de Gaulle. J’y ai réfléchi et je me suis dit : Alain Delon, évidemment.
Au début, on se dit que c’est un peu un rêve. Et en même temps, on connaît son attachement très fort au général. Il a souvent confié qu’il était très attaché à la figure du père de la nation, à ce côté peut-être autoritaire, à ce rapport aussi à l’armée. Alain Delon a fait la guerre : on ne le sait pas forcément, mais il a participé à la guerre d’Indochine, quand il était jeune combattant, à 17 ans si je me souviens bien. Pour toutes ces raisons-là, il est fasciné par de Gaulle, comme un peu toute la France à l’époque, peut-être un peu plus. Fort de cette conviction, je décide de contacter l’équipe d’Alain Delon et lui-même, en lui proposant cette idée d’être la voix du général de Gaulle dans ce documentaire. Très vite, il accepte ; il y a très peu d’hésitation.
On avait entendu parler d’une lettre écrite de sa main, d’Alain Delon au général de Gaulle, le soir de la démission du général, en avril 1969, au soir d’une défaite au référendum : une déclaration d’amour restée inédite jusque-là, qu’on est allé chercher aux Archives nationales. Quand j’ai contacté Alain Delon, je lui ai fait part de cette lettre, et évidemment, ça a un peu pesé dans la balance. Quand il nous l’a lue, je ne vous raconte pas.
Quand il accepte, c’est quand même une surprise, parce qu’on est fin 2020, c’est encore la période du Covid, et surtout on est un an, un peu plus d’un an après son AVC, et il n’a fait aucune apparition publique depuis. Personne ne l’a vu, à part sa famille, certes. J’ai un petit lien de confiance avec lui, mais il y a quand même l’enjeu de sa santé, de sa voix, et de savoir s’il va être capable d’avoir une voix qui ne chevrote pas. Le rendez-vous est très vite fixé, et on doit le retrouver dans sa résidence à Douchy. On a rendez-vous avec Alain Delon chez lui, là où pas grand monde a la chance de pouvoir pénétrer.
On rentre dans cette immense propriété, puis on arrive devant le poolhouse. Là, il y a une image dont je me souviendrai toute ma vie : un monsieur, une statue quasiment, posée sur un banc avec un grand chien blanc, son malinois blanc. C’est Alain Delon qui nous attend. Quand la voiture se gare, il se dresse, avec un masque qu’il ne veut pas garder, et il dit : « Bienvenue chez moi. » Ensuite, on s’installe à l’intérieur du poolhouse, dans sa cuisine, très bonne franquette. Il regarde les textes qu’on a choisis ensemble, que je lui avais fait parvenir un peu auparavant, histoire qu’on soit bien d’accord. On s’installe face à face, avec juste ce micro entre nous.
Il y a une dizaine de textes de mémoire, et ça commence comme ça. Il commence à les lire, il teste un peu sa voix ; c’est un peu difficile au début, il se chauffe, il hausse le ton, puis il commence à rentrer dans la peau du général, si je puis dire. Et là, autre moment très fort pour moi : en fait, il commence à se sentir à l’aise avec les textes qu’il connaissait déjà, et il se tourne vers moi. Il me dit : « Est-ce que ça te va ? Tu veux quoi ? Tu veux plus ? » Là, je réalise qu’il m’a déjà fait un beau cadeau en acceptant de prêter sa voix, mais qu’en plus il m’autorise à le diriger. Et là, je me dis : waouh, je suis en train de diriger Alain Delon.
Je vais être très honnête : il y avait des prises qui me semblaient exagérées et qui, en fait, une fois collées sur les images, fonctionnaient très bien. C’est là où la puissance de l’acteur et la connaissance de sa voix, la connaissance de son personnage, marchaient. Ce n’est pas la voix du général de Gaulle, c’est la voix d’Alain Delon, c’est sûr, la voix d’Alain Delon vieillissant, un peu chevrotante. Il y a un truc, une magie. On peut dire : tiens, ça aurait pu être la voix du général de Gaulle.
En tant que Cannois, après l’avoir ramené à Palerme pour Le Guépard, j’avais très envie qu’il revienne sur les traces d’un tournage mythique à Cannes : La mélodie en sous-sol, en 1963, je crois, au Palm Beach. D’autant plus que le Palm Beach avait été fait ou presque à l’identique à l’époque. Le retrouver là, quelques années, quelques dizaines d’années plus tard, ça aurait été assez magnifique. Malheureusement, les travaux du Palm Beach ont été un peu trop longs, et Alain Delon nous a quittés.
📝 Transcription complète de la vidéo
la rentrée en septembre 2020 on a cette envie de faire un documentaire sur sur l'artiste de Gaulle de Gaulle l'écrivain de Gaulle le comédien de Gaulle qui se servait desart pour pour asseoir son pouvoir et et et porter la grandeur de la France et évidemment il il s'agissait de de de de de lire de porter par la voix les fameux textes des Mémoires du général de Gaulle et là j'ai réfléchi et je me suis dit de long de long évidemment de long au début on se dit que c'est c'est un peu un rêve et en même temps on connaît son attachement très fort au général il a souvent confié très attaché à la figure du père de la nation à ce côté un peu peut-être autoritaire à ce rapport aussi à l'armée de long à a fait la guerre on sait pas forcément mais il a participé à la guerre d'Indochine il il est allé en tant que que jeune combattant quand il avait 17 ans si je me souvient bien et euh et donc pour toutes ces raisons là il est fasciné par de Gaal mais comme un peu toute la France à l'époque peut-être un peu plus et ça on le sait et c'est fort de cette conviction là que que je décide de contacter l'équipe d'un et et et lui-même en lui proposant cette idée d'être la voix du général de Gaulle dans ce documentaire et très vite il accepte il y a il y a très peu d'hésitation c'est c'est oui tout de suite il y a peut-être une botte secrète pour le pour le convaincre euh on avait entendu parler j'avais entendu parler d'une lettre écrite de sa main d'Alain Delon au général de Gaulle le soir de la démission du général en avril 1969 au soir d'une défaite au référendum euh une déclaration d'amour euh qui était restée inédite jusquel euh et qu'on est allé chercher aux Archives nationales et quand j'ai contacté à l'indelon je lui fait part de cette lettre et évidemment ça a un peu pesé dans la balance et quand il nous l'a lu je vous raconte pas les poils quand il accepte c'est quand même une surprise parce qu'on est fin 2020 c'est encore la période du covid et surtout on est un an un peu plus d'un an après son AVC et il n'a pas fait une seule apparition publique depuis donc personne ne l'a vu à part sa famille certes j'ai un petit lien de confiance avec lui mais il y a quand même cet enjeul là de santé de publique et cetera et est-ce qu'il va être capable de d'avoir une voix qui chevrote pas et cetera et donc tout l'enjeu est là il accepte donc on se dit il est ok ça va le faire après c'est général et donc ça commence par cette acceptation et et le rendez-vous est très vite fixé et on doit le retrouver dans sa résidence à douchi et donc déjà bah là c'est incroyable parce que on a rendez-vous avec alin Delon chez lui là où pas grand monde a la chance de pouvoir pénétrer on rentre dans cette immense propriété qui fait je sais plus combien d'hectares des pans des seres des un immense jardin un lac artificiel on contour on voit la grande maison et puis non finalement on arrive devant la le poolhous et là il y a une image bah dont je me souviendrai toute ma vie c'est qu'il y a un monsieur une statue quasiment une statue posé sur un banc avec un grand chien blanc son malinois blanc et c'est alin Delon qui m'attend qui nous attend et quand la voiture se garde il se dresse comme ça il nous avec un masque qui veut pas garder il dit bienvenue Bienvenue chez moi et ça commence comme ça et ensuite là on s'installe à l'intérieur du pou dans sa cuisine bonne franquettete et on va installer c'est on a très peu de matériel on a juste un un très bon micro très beau micro de un très bon micro de de prise de son et et très vite bah il regarde les textes qu'on a choisi ensemble je jeavais fait parvenir un peu au préalable histoire qu'on soit bien d'accord et et on s'installe face- à face avec juste ce micro entre nous c'est textes il y en a une dizaine de mémoirees et et ça commence comme ça et il commence à les lire il teste un peu sa voix c'est un peu difficile au début il se chauffe il rousse pète je vais pas dire mais t en tempends des éclats de voix en disant ah ça va pas et puis il commence à chauffer et il commence à rentrer dans le la peau du général si je puis dire si c'est possible et euh et et là c'est là autre moment très fort pour moi c'est qu'en fait là il commence à se sentir à l'aise avec les texte qui connaissait déjà et là il se tourne vers moi il me fait est-ce que ça te va tu veux quoi tu veux plus tu et donc là je réalise déjà il m'a fait un beau cadeau en acceptant de de praiter sa voix mais en plus il m'autorise à le diriger et là je me dis waouh enfin là je en train de diriger àun Deon ça n'arrive pas à tout le monde je vais être très honnête il y avait des des prises qui me semblaient exagéré et qui en fait une fois collé sur les images et cetera fonctionnait très bien et c'est là où la puissance de l'acteur et et la connaissance de sa voix et la connaissance de son personnage enf ça marchait c'est pas la voix du général de Gaul c'est la voix d'Alain Delon c'est sûr c'est la voix d'alin Delon vieillissant un peu chevvrotante et donc il y a un truc il y a une magie qui se perd on peut dire tiens ça ça aurait pu être la voix du général enfin je crois en tout cas c'est vrai qu'en tant que canois après l'avoir ramené Alain Delon à Palerme au palé gangji du guépard j'avais très envie qu'il revienne sur les traces d'un tournage mythique à Cann et il s'agissait de la mélodie en sous-ol en 1963 je crois au Palm Beach d'autant plus que le Palm Beach a été fait ou presque à l'identique à l'époque il retrouvait Alain Delon à côté de cette piscine où tous ses ses billets ses vapor son casse avec Jean Gabin finalement s'évapore sous leurs yeux le retrouver là quelques années quelques dizaines d'années plus tard ça aurait été assez assez magnifique malheureusement les travaux du P Beach ont été un peu trop long et al de nous a quitté
Source : France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur — 21/08/2024, 05:19
Commentaires 7
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❤💔
Anouchka, même pas un petit mot aux fans qui sont Venus….!
Merci de votre témoignage.
ALAIN MON IDOLE !!!!!!!!!!!!!!!!
Alain Delon a rejoint le clan des Siciliens il reste le cinema des navets
Delon ne faisait plus de films depuis des années, c'est une icône du cinemé des années 60 et 70 surtout.
C’est vrai que c’était une belle scène, le sac c’est ouvert les billets sont en remplit la piscine alors que tout s’était bien passé😂