Kenya: la Cour suprême examine l’interdiction du film «Rafiki», huit ans après sa sortie
La Cour suprême du Kenya examine le sort de Rafiki, film interdit dans le pays depuis sa sortie il y a huit ans. Saisie par la Commission de classification des films du Kenya, elle doit trancher sur cette interdiction qui…
La Cour suprême du Kenya examine le sort de Rafiki, film interdit dans le pays depuis sa sortie il y a huit ans. Saisie par la Commission de classification des films du Kenya, elle doit trancher sur cette interdiction qui a relancé le débat autour de ce long-métrage sorti en 2018, consacré à l’histoire d’amour de deux jeunes filles à Nairobi.
Présenté au festival de Cannes et choisi pour représenter le Kenya aux Oscars, le film avait suscité une forte attention. Mais sur le territoire kényan, il a été censuré par l’autorité de classification, qui juge qu’il heurte les bonnes mœurs.
Au cours de l’audience, les magistrats se sont penchés sur deux points : montrer l’homosexualité revient-il à la promouvoir, et cette orientation est-elle interdite dans le pays ? Pour l’avocat de la Commission, l’article 162 du code pénal prévoit 14 ans de prison pour des « actes charnels contre l’ordre de la nature », et la diffusion de films comme Rafiki pourrait encourager des infractions plus graves.
De son côté, l’avocat de la réalisatrice Wanuri Kahiu a contesté la formulation très floue et héritée de la période coloniale de cet article, tout en rappelant la protection de la liberté d’expression par la Constitution. Il a aussi souligné que la loi kényane ne sanctionne pas l’homosexualité comme orientation, mais vise des actes sexuels, tandis qu’un nouveau code de la famille examiné en août à l’Assemblée nationale prévoit notamment la peine de mort pour des faits d’« homosexualité aggravée ».
Source : rfi.fr
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